L’ex-otage française a quitté l’Afghanistan

La jeune Française libérée par les talibans après avoir été retenue plus de trois semaines en otage a quitté l’Afghanistan pour la France dans la nuit de samedi à dimanche, a indiqué un responsable de l’ambassade de France à Kaboul
Céline Cordelier, qui travaillait pour l’organisation humanitaire Terre d’Enfance, “est rentrée en France dans la nuit“, a déclaré le responsable au lendemain de la libération de la jeune femme détenue pendant 24 jours.Les conditions de son départ ont été entourées de la “discrétion requise“, a ajouté cette source identifiant pour la première la jeune femme âgée de 20 à 30 ans. On ne la connaissait jusqu’alors que par son prénom.
Un responsable de la mission diplomatique française avait affirmé un peu plus tôt qu’elle n’avait pas encore quitté dimanche le territoire afghan.
La jeune femme relâchée samedi a passé la nuit dans les murs de l’ambassade à Kaboul.
Son compagnon français, Eric Damfreville, et trois Afghans travaillant pour la même ONG et enlevés en même temps qu’elle le 3 avril dans le sud-ouest de l’Afghanistan sont toujours aux mains des fondamentalistes.
A peine libérée, elle a remercié “tous ceux qui (l)’ont aidée en France et en Afghanistan“ et a appelé ses ravisseurs à libérer ses compagnons. “Ma liberté n’est rien sans la leur“, avait déclaré la jeune femme en larmes, un voile noir sur la tête.
Elle avait également “remercié les talibans qui ont tenu leur promesse et m’ont rendu à mes parents“. “Avant de me libérer, ils (les talibans) m’ont donné une lettre“, a expliqué la jeune femme. Elle a lu des passages du message posté sur le site internet des talibans dans lequel ils réclament le départ des troupes françaises d’Afghanistan.
Sa libération a été présentée comme un geste de bonne volonté par les fondamentalistes, tandis que les autorités françaises ont assuré qu’elles poursuivraient leurs efforts avec la même détermination et la même discrétion jusqu’à la libération des autres otages.
Les insurgés ont accordé samedi un délai supplémentaire d’une semaine à la France pour négocier la libération de son second ressortissant et celle des trois Afghans.
Ils ont présenté le 20 avril plusieurs revendications à Paris, exigeant en particulier un retrait de ses soldats d’Afghanistan en échange de la vie et de la liberté des otages.
Les autorités françaises, qui ont observé la plus grande discrétion sur l’affaire qui survient en pleine campagne pour l’élection présidentielle, avaient adressé vendredi un signal aux ravisseurs en soulignant que la France n’avait “pas de vocation“ à rester militairement présente en Afghanistan.
Un millier de soldats français sont stationnés dans la région de Kaboul dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan qui compte quelque 37.000 soldats de 37 pays.
Les talibans ont exécuté dans le passé plusieurs de leurs otages afghans mais ont libéré les Occidentaux. Ils avaient également demandé le retrait des troupes italiennes avant de libérer le journaliste italien Daniele Mastrogiacomo le mois dernier en échange de la libération de cinq talibans détenus par le gouvernement.
Son chauffeur et son interprète afghans avaient, eux, été exécutés.
Critiqué pour avoir cédé au chantage de “terroristes“, le président afghan Hamid Karzai avait assuré qu’un tel échange ne se répéterait plus “avec personne, ni aucun autre pays“.
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